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La Potence
La Potence sous toutes les coutures
La rénovation de la Potence
Les illuminations de la Potence
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La Potence

 

Photo de Philippe BOUSSEAUD

Différents points de vue

La potence vue du Mont Bar- La potence - vue côté sud- La potence - vue côté nord- La potence - vue côté est

 

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VOUS AVEZ DIT POTENCE ?

 

- Potence ? Potence ? Vous avez dit Potence ? Est-ce que j'ai une gueule de Potence, moi ?

- C'est-à-dire que...nous ne sommes pas du coin , juste de passage, et ...

- Je vois, je vois ! encore des touristes informés par la rumeur !

- En quelque sorte oui !

- Comme d'hab ! C'est dur de changer les mentalités, même à l'époque d'internet !

- On s'excuse...

- Et les réputations alors ! C'est bien pire ! Mon grand-père était potence ; mon père était potence ; JE suis potence ; mes enfants seront potence...

- Oh vous savez, si ça peut vous rassurer, il n'y a pas qu'ici !

- Quand on est catalogué, c'est pour la vie ! Pourtant, dans les années cinquante, grâce aux Amis d'Allègre fortement épaulés par Raymond Julien-Pagès, ainsi que par Pierre Perrin, président de l'OT, sans oublier l'architecte en chef Donzet, j'ai bénéficié d'une opération de chirurgie esthétique très réussie.
D'ailleurs, il était temps : j'étais mal en point, surtout la partie horizontale, à l'agonie, grave !

- C'est-à-dire que, quoique vous fassiez ...vous êtes peut-être victime d'une certaine ressemblance avec un gi...

- Je sais ! Je sais ! Je sais peu de chose, mais ce que je sais, je le sais, et ça, je le sais !

- On peut avoir la malchance d'être le sosie d'un criminel recherché par toutes les polices de France et de Navarre.

- Ou victime d'une erreur judiciaire...C'est mon cas...d'autant que des crimes, ici, au château, j'en ai vécus quelques uns en direct...

- Oui, et du coup, ça laisse planer un doute sur votre crédibilité.

- Certes ! Je pense souvent à ces pauvres manants qui transportaient la marquise, en chaise à porteurs, en direction de Fix. L'un d'eux a trébuché sur une pierre en traversant la Borne à Menteyres, le village là-bas dans la vallée...

- Et la marquise a chu dans la rivière !!! ih !ih !ih ! Elle a bu le bouillon !!!ih ! ih ! ih !

- Oui mais, eux, les porteurs, ils ont moins ricané. Le convoi a fait demi- tour. Direction : le château... Et personne ne les a jamais revus...

- On nous a également parlé d'un marquis assassiné ici même...

- Ah, c'est Yves III, un fameux coureur de jupons celui-là. Ça lui a coûté la vie.

- Ses assassins ont dû être jugés en « comparution immédiate »

- Ah ! Ah ! Même pas. On ne les a jamais retrouvés ! Il faut dire qu'ils avançaient masqués !

- Et les attaques du château par les ennemis ?

- Ah, mais là, vous parlez en temps de guerre, et en temps de guerre, pas de pitié ! Tout est permis. C'est pas considéré comme des crimes. Mais... oui, j'en ai vu des soldats tomber raides morts à mes pieds.

- Vous êtes un survivant de cette antique demeure...

- Un miraculé vous voulez dire : en 1698, un violent incendie a ravagé le château.

- Vous devez faire des cauchemars toutes les nuits avec des souvenirs aussi morbides !

- Mais j'ai aussi connu quelques moments qui ont fait la gloire de ce haut lieu !

- Racontez-nous, comme ça, on vous quittera sur une note joyeuse.

- La venue du Roi François 1er en 1533, entouré de tous ses courtisans : grandiose ! Le château et ses abords nettoyés et décorés comme on ne les avait jamais vus. Tous les habitants revêtus de leurs plus beaux atours, les chevaux avec leurs plus belles parures.
Le Roi a même couché, là, à l'intérieur de mon jambage actuel ! Il y avait bien sûr un rempart qui reliait les deux tours.

- Mais encore ?

- La reprise du château par Jacqueline d'Aumont, épouse de feu Yves III, et sa petite troupe qui en avaient été chassés trois mois auparavant par l'armée du duc de Nemours. Nous étions alors aux temps troubles des guerres de religion. C'était tellement inespéré, ce retour ! Quel bonheur de revoir la marquise d'Allègre à nouveau installée dans sa demeure.

- On dit qu'il faut aller cueillir ses informations à la source. Merci pour votre accueil et sachez qu'on s'emploiera à rétablir la vérité sur votre compte en combattant cette terrible rumeur qui vous colle à la peau depuis toujours.

Texte de Gilbert Meyssonnier


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 La potence sous toutes les coutures

 


 

 

 La Potence à la loupe

Photos prises du côté Nord

Le pilier Est

le pilier Est

 

1 - un départ de voûte 3 - encadrement de fenêtre

Départ de voûte du pilier Est

encadrement de fenêtre du pilier Est

4 - un support de voûte 5 - encadrement de fenêtre

Un support de voûte - pilier Est

encadrement de fenêtre du pilier Est

2 - Sans doute ce qu'il reste d'un couloir

 

Le pilier Ouest

le pilier Est

 

1 - le couloir du pilier Ouest 2 - Encadrement de fenêtre 3 - un support de voûte

Le couloir du pilier Ouest

encadrement de la fenêtre du pilier Ouest

support de voûte

 

Photos prises du côté Sud

Les mâchicoulis

Les mâchicoulis de la tour Ouest Les mâchicoulis tréflés Les mâchicoulis vus sous un autre angle

les mâchicoulis tréflés de la tour Ouest

les mâchicoulis tréflés de la potence

machicoulis vus sous un autre angle

 

Disposé à mi-hauteur des tours et de la façade du château le larmier est destiné à faire tomber l'eau de pluie en gouttes à distance du pied de l'édifice, pour éviter les dégâts qui causeraient des dégradations sur la partie inférieure.

le larmier

 

Vidéo
"La Potence : revue de détails"

 

 

 

 

 


 

 

La rénovation de la Potence

 

Celle-ci fut une oeuvre de longue haleine et une belle preuve de persévérance de la part des élus et des défenseurs du tourisme et du patrimoine puisqu'elle s'étala sur plus de 30 ans. Elle connut deux phases.

 

  • L'appropriation publique et la table d'orientation (1935)

- La potence avant les travaux (vue de face)- La potence avant les travaux

Avant la Guerre, la Potence, propriété de la famille Grellet, donnait de sérieux signes d'inquiétude : ainsi qu'on peut le voir sur ces photos, la ligne de mâchicoulis subsistant depuis plus de deux siècles entre les deux tours malgré l'affaissement du mur qui lui servait d'appui, menaçait de céder aux lois de la pesanteur et de la résistance des matériaux et de disparaître, privant ainsi la commune de ce monument original et emblématique.

Les travaux s'annonçaient comme étant d'ampleur et de nature à faire reculer les fortunes les mieux établies... (en 1945, ils seront estimés à 400 000 Frs, dont 100 000 pour le seul échafaudage ; estimation portée à 489 000 Frs en 1949).

C'est pourquoi germa l'idée d'un don à la commune dont il était attendu une protection au titre des monuments historiques et, par voie de conséquence, la prise en charge par l'Etat de l'entretien, comme il est de règle pour les MH.

 

Les personnalites lors de l'inauguration de la rénovation de la table d'orientation- Raymond Julien-Pagès devant la table d'orientation le jour de son inauguration

Ainsi fut fait : un acte authentique de 1935 atteste le don par le baron Pierre Grellet à la commune d'Allègre du tènement sur lequel était autrefois établi le château. Le classement suivit en 1937 (toutefois à la condition expresse que l'Etat n'ait pas à intervenir dans le financement des travaux de restauration), ainsi que, pour valoriser le site, la réalisation, sur l'éminence, d'une table d'orientation d'une remarquable facture. Cette réalisation fut conduite sous la responsabilité de l'administration des Ponts et chaussées placée sous l'autorité de l'ingénieur des TP en résidence à Allègre, M. Massot, René Chossegros étant maire. Pour marquer l'évènement, en 1938, ladite table d'orientation fut inaugurée (photo de gauche) en présence d'Ulysse Rouchon (à droite, portant le nœud-papillon), du baron Grellet (canne), de Raymond Julien-Pagès (à droite, devant la table d'orientation), gendre de Victor Pagès, qui fut conseiller général du canton d'Allègre et président du Conseil général, et qui œuvra beaucoup dans le tourisme (il fut le fondateur, au niveau local des Amis d'Allègre, et, au niveau national, des Logis de France et des Gîtes ruraux).

Mais deux ans après, la Guerre survient, qui interrompt les projets de restauration et renvoie les travaux à des jours meilleurs...

 

 

  • La rénovation (1952-1956)

On se souvient de la décision de principe de l'Etat qui avait accepté le classement sous condition de ne pas engager de frais pour la restauration et que, inversement, la commune espérait bien que ce classement la déchargerait de toute dépense.

Dès 1945, le problème de la restauration de la Potence est posé : l'Etat refuse toute participation... sauf si la commune accepte de contribuer financièrement aux travaux. Le conseil municipal s'oppose. La situation est bloquée. Le préfet attire l'attention du maire sur ses responsabilités en matière de maintien de l'ordre public et lui demande de protéger les abords du monument ; l'administration des Beaux-arts menace de retirer le classement, ce qui aurait pour conséquence de reporter l'intégralité de la charge sur la commune. Au conseil municipal, une (ou des ?) voix s'élèvent même pour suggérer que l'on détruise ce monument, mais, si la commune renommée rapporte ce propos, on n'en trouve aucune trace ni dans les délibérations (aucune mention), ni dans les dossiers (aucun devis) : il semble donc que ce fut plutôt une boutade... mais qui est restée dans les mémoires.

En 1946, des bonnes volontés se manifestent à l'initiative du Syndicat d'Initiative et du « comité » des Amis d'Allègre, tous deux animés par Raymond Julien-Pagès, pour dénouer la situation et, donc, trouver des sources de financement. Afin d'atténuer le poids de celui-ci, on distingue l'étaiement proprement-dit de la consolidation.

 

 

  • L'étaiement (1952-1953) consistera à installer un échafaudage conçu (voir les 2 plans ci-dessous) par André J. Donzet, un jeune architecte en chef des Monuments historiques (ACMH) qui interviendra plus tard, à la cathédrale du Puy, à l'abbaye de la Chaise-Dieu (il est à l'origine du remplacement des ardoises par des tuiles romanes), à l'église Saint-Laurent, au Puy (on lui doit également les secteurs sauvegardés de Riom et de Lyon, celui-ci étant le plus grand de France).

 

Plan de l'échafaudage de la potence en vue de la restauration- Plan de l'échafaudage (coupe)

En 1950, le financement est bouclé : l'Etat apportera 200 000 Frs, la commune 300 000 Frs (sous forme d'une avance remboursable), le Conseil général 197 000 Frs et les Amis d'Allègre 100 000 Frs. Le baron Grellet et la comtesse de Lachapelle devaient faire un don de 15 m3 de bois pour confection des étais.

Les travaux, assurés par l'entreprise Léon Perre, du Puy, démarrent le 13 février 1952 pour se terminer en octobre 1953. C'est pendant cette période qu'ont été prises les cartes postales qui donnent à voir ce très bel ouvrage.

 

 

 

 

L'étaiement terminé, le chantier de la consolidation peut commencer, avec (sur le sommet) les ouvriers de la même entreprise Père du Puy

 

potence-echafaudage_photo

 

Les travaux se sont élevés à 747 000 Frs, plus 44 200 Frs d'honoraires pour l'architecte.

 

 

 

  • La consolidation (1955-1956)

L'étaiement constituait une mesure provisoire ; il fallait traiter le problème à l'origine. André Donzet, Raymond Julien-Pagès s'activent pour trouver les financements : l'estimatif des travaux établi par l'architecte s'élève à 1 321 054 Frs, la commune et le Conseil général apporteront chacun 150 000 Frs.

La réalisation, qui s'étend de 1955 à 1956, est à nouveau due à l'entreprise Léon Perre ; elle consiste à réaliser une poutre en béton armé creuse qui servira de linteau et entre les entretoises de laquelle seront glissés des corbeaux en forme de mâchicoulis.

 

 

poutre en béton armé creuse

 

Pour cela, les étais de consolidation seront remplacés par un échafaudage d'accès légèrement différent dans la conception et laissant un vide entre son sommet et la nouvelle poutre en béton armé, pour permettre aux ouvriers de travailler (voir photo ci-dessous).  Cet échafaudage restera en place jusqu'en 1956, année de l'achèvement de la phase de travaux.

 

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Les travaux sont à peine achevés que le conseil engage les études et la recherche de financements pour l'illumination de la Potence ; celle-ci interviendra en deux temps (1966 et 1988). Entre temps, une consolidation des tours était intervenue en 1979-1980. Mais ceci est une autre histoire...

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Les illuminations de la Potence

 

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Créations 3D sur le thème de la Potence

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Les mâchicoulis en 3D

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Bientôt le château en 3D ?....

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